La vacance commerciale progresse en France depuis plusieurs années. Le taux moyen se situe désormais autour de 10,64 % de locaux vides, avec des pointes au-dessus de 14 % dans certaines villes moyennes pourtant accompagnées par le programme Action Cœur de Ville. Cette situation affaiblit les centralités, réduit la fréquentation piétonne et renchérit le coût de la revitalisation.
De nombreux locaux restent fermés non pas faute de demande, mais parce que le propriétaire attend un meilleur loyer, ne fait pas les travaux nécessaires ou ne répond pas aux sollicitations de la collectivité. Dans ce contexte, la taxe sur les friches commerciales (TFC), créée par la loi de finances rectificative pour 2006 et codifiée à l’article 1530 du CGI, donne à la commune ou à l’EPCI la possibilité de taxer un local commercial resté inoccupé pendant une période donnée.
La TFC a un double effet : elle incite le propriétaire à remettre le bien sur le marché et elle ouvre un dialogue opérationnel avec la collectivité pour comprendre ce qui bloque (loyer trop élevé, local à rénover, recherche de porteurs de projet).
Quand la TFC est activée dans un contexte dynamique (manager de centre-ville, aides à l’installation, travail de repérage des cellules vacantes), elle fonctionne. L’exemple de Poissy est souvent cité : en partant d’une quinzaine de locaux concernés, la ville est descendue à trois seulement après quelques années de dialogue appuyé par la taxe. À l’inverse, dans des secteurs peu attractifs, une taxe mal calibrée peut compliquer la situation d’un propriétaire déjà en difficulté. D’où la nécessité de pouvoir cibler la taxe sur une rue ou un périmètre précis plutôt que sur toute la commune.
Plusieurs points réduisent aujourd’hui son efficacité :
La confédération des Commerçants de France (CDF) propose de faire évoluer le dispositif pour qu’il devienne un outil réellement utile aux maires, notamment dans les centres-villes fragiles :
La TFC n’est pas une baguette magique. Elle est efficace quand elle est utilisée en même temps qu’une politique de mixité commerciale, un travail sur les loyers et une animation de centre-ville. C’est ce que montrent les territoires déjà engagés dans Action Cœur de Ville : plus l’écosystème est structuré, plus la taxe devient crédible et moins la vacance dure.
Pour retrouver le détail de ces propositions, le document complet est disponible en téléchargement : Recommandation de la CDF pour réformer la TFC