Commerce indépendant : l’activité recule de 3,2 % au 2e trimestre 2026

Le commerce indépendant reste sous pression. Selon le dernier baromètre d’activité réalisé par L’Échommerces en partenariat avec la Confédération des Commerçants de France (CDF) et les fédérations de commerçants associées, auprès de 5 829 commerçants indépendants, le chiffre d’affaires recule en moyenne de 3,2 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Une baisse légèrement plus marquée que celle enregistrée au premier trimestre 2026 (-3,1 %). Si quelques secteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu, à l’image des commerces de culture, cadeaux et jouets (+1,8 %) ou de l’hôtellerie (+1,1 %), les difficultés restent particulièrement fortes pour la mode (-6,5 %) et les cafés, bars et restaurants (-5 %).

Commerce indépendant : une activité toujours en baisse au 2e trimestre

Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires moyen du commerce indépendant recule de 3,2 % par rapport au deuxième trimestre 2025. La tendance se dégrade ainsi légèrement après un premier trimestre déjà marqué par une baisse de 3,1 %.

Cette nouvelle contraction confirme les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les commerçants indépendants, dans un contexte où les arbitrages de consommation des ménages continuent de peser sur de nombreux secteurs.

Le trimestre a également été marqué par les fortes chaleurs du mois de juin, qui ont affecté la fréquentation des rues commerçantes et des marchés et perturbé le démarrage des soldes d’été, notamment dans le secteur de la mode.

Quels secteurs du commerce progressent au 2e trimestre 2026 ?

Malgré cette tendance générale, plusieurs activités enregistrent une évolution positive de leur chiffre d’affaires.

Les commerces de culture, cadeaux et jouets affichent la meilleure performance du trimestre, avec une progression de 1,8 %.

L’hôtellerie bénéficie également d’une évolution favorable, à +1,1 %, soutenue notamment par les nombreux ponts du printemps et le démarrage de la saison touristique.

La téléphonie, l’informatique et les jeux vidéo progressent de 0,8 %, devant la pharmacie et parapharmacie (+0,5 %) et le tourisme (+0,4 %).

Les métiers de bouche restent quant à eux globalement orientés à la baisse, même si certains limitent le recul. Les confiseries-chocolateries et les boucheries-charcuteries affichent ainsi toutes deux une évolution de -0,9 %.

Mode et restauration : les secteurs les plus touchés

Les écarts entre les différents secteurs demeurent très importants.

La mode enregistre la plus forte baisse du trimestre. Le chiffre d’affaires des commerces indépendants de prêt-à-porter, lingerie, chaussures, accessoires et maroquinerie recule en moyenne de 6,5 %.

Les cafés, bars et restaurants connaissent eux aussi une contraction importante de leur activité, à -5 %.

D’autres secteurs enregistrent des baisses supérieures à la moyenne : la bijouterie-horlogerie (-4,6 %), les agences immobilières (-4,3 %), les antiquités, brocantes et galeries d’art (-4 %) ou encore les fleuristes (-3,9 %).

Les activités de services à la personne sont également touchées : -3,5 % pour le tatouage et le piercing, -3,4 % pour la coiffure et -3,2 % pour l’esthétique et le bien-être.

Du côté des commerces alimentaires, le recul reste plus contenu mais concerne la plupart des activités : -1,6 % pour les fromageries, -1,7 % pour l’alimentation générale, -2 % pour les poissonneries et -2,1 % pour les boulangeries-pâtisseries.

Les petites entreprises du commerce davantage fragilisées

Les résultats du baromètre confirment également une tendance déjà observée lors des précédentes enquêtes : plus l’entreprise est petite, plus la baisse d’activité est importante.

Les commerçants sans salarié enregistrent ainsi un recul moyen de leur chiffre d’affaires de 4,2 %, soit un point de plus que la moyenne générale.

La baisse atteint 3,5 % pour les entreprises comptant de 1 à 4 salariés et 2,9 % pour celles employant entre 5 et 10 personnes.

Les structures plus importantes résistent davantage, même si elles restent elles aussi dans le rouge : -2,3 % pour les entreprises de 10 à 20 salariés et -1,8 % pour celles de plus de 20 salariés.

Ces résultats mettent une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité particulière des plus petites entreprises du commerce, dont les marges de manœuvre sont souvent plus limitées pour absorber durablement une diminution de leur activité.

Commerce de centre-ville et marchés davantage pénalisés

L’emplacement du commerce constitue également un facteur déterminant.

Les commerces non sédentaires – marchés, foires et salons – enregistrent la baisse la plus importante, à -3,9 %. Les conditions météorologiques du mois de juin ont notamment pénalisé ces activités particulièrement dépendantes de la fréquentation extérieure.

Les commerces situés dans les rues de centre-ville connaissent eux aussi une baisse supérieure à la moyenne, avec -3,7 %.

Les autres implantations résistent relativement mieux : -2,7 % pour les centres commerciaux et galeries marchandes de centre-ville, -2,5 % dans les zones d’activité commerciale et retail parks et -2,1 % dans les centres commerciaux de périphérie.

Ces résultats confirment les difficultés persistantes rencontrées par les commerces de centre-ville et rappellent l’enjeu majeur que constitue la fréquentation des centralités commerciales.

Activité du commerce : de fortes disparités entre les régions

Les résultats du baromètre font enfin apparaître d’importantes différences entre les régions.

Les territoires touristiques résistent globalement mieux. L’Occitanie enregistre la baisse la plus limitée avec -1,7 %, suivie par Provence-Alpes-Côte d’Azur (-1,9 %) et la Nouvelle-Aquitaine (-2,2 %).

À l’inverse, le Grand Est affiche le recul le plus important, avec -4,8 %, devant les Hauts-de-France (-4,4 %) et la Bourgogne-Franche-Comté (-4,3 %). Le Centre-Val de Loire enregistre également une baisse marquée de 4 %.

Aucune région n’affiche ainsi de croissance au deuxième trimestre 2026.

Une situation préoccupante pour le commerce indépendant

Avec un chiffre d’affaires en baisse de 3,2 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, après -3,1 % au premier trimestre, l’activité du commerce indépendant reste durablement dégradée.

Au-delà de la moyenne nationale, le baromètre met surtout en évidence une concentration des difficultés sur certains acteurs : les commerces de mode et de restauration, les entreprises sans salarié, les commerces non sédentaires et les commerces implantés en centre-ville.

Si les fortes chaleurs du mois de juin ont pu accentuer ponctuellement les difficultés de fréquentation, elles ne peuvent à elles seules expliquer une tendance observée depuis plusieurs trimestres. La faiblesse de la consommation et les arbitrages opérés par les ménages continuent de peser directement sur l’activité des commerçants.

Pierre Bosche, Président de la Confédération des Commerçants de France : « Ce nouveau baromètre confirme les difficultés auxquelles nos commerçants sont confrontés, avec une situation particulièrement préoccupante pour les plus petites entreprises. Dans ce contexte, il est indispensable de leur permettre de travailler dans des conditions plus justes, en allégeant les contraintes qui pèsent sur leur activité et en leur donnant les moyens de faire face à une concurrence de plus en plus déséquilibrée, notamment celle de certaines plateformes de e-commerce qui ne sont pas soumises aux mêmes règles. Défendre le commerce indépendant, c’est aussi préserver nos centres-villes, nos emplois et la vitalité de nos territoires. »

Dans ce contexte, la CDF reste particulièrement attentive à l’évolution de l’activité au cours du second semestre et poursuit son action pour défendre les entreprises du commerce indépendant et alerter les pouvoirs publics sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Les résultats présentés dans cet article sont issus du Baromètre d’activité du commerce indépendant, réalisé conjointement par L’Échommerces et la Confédération des Commerçants de France (CDF), avec les fédérations de commerçants associées, auprès d’un panel de 5 829 commerçants indépendants. Ils portent sur l’évolution de leur chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026, comparée à la même période en 2025.

baromètre T2 2026 commerce indépendant

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